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vendredi 8 octobre 2010

Mes quatre derniers


Présentation de l'éditeur
Haarlem, années 1630. Cornelis Van Deruick, un marchand de tissus veuf et sans le sou, décide de quitter la Hollande pour chercher fortune en Amérique. Il laisse ses quatre enfants à la garde de l'aîné, Wilhem, et leur assure la protection de Paulus van Bereysten, haut personnage de la ville, négociant en fleurs puissant et redouté. La Hollande est alors la proie d'une étrange folie : la passion des tulipes. Les variétés rares atteignent des prix extravagants et font l'objet de spéculations intenses, au point d'inquiéter les autorités. Des fortunes se font et se défont en quelques heures sur ce marché volatile où un seul bulbe de Semper Augustus - une tulipe légendaire à l'éclat sans pareil - vaut autant qu'un palais. Livrés à eux-mêmes, les enfants Deruick vont affronter un monde cynique et implacable... Basé sur un épisode historique méconnu, la " tulipomanie", où certains économistes voient une préfiguration des bulles spéculatives modernes, le roman d'Olivier Bleys restitue avec brio l'atmosphère fiévreuse des Pays-Bas de l'âge d'or. Ce récit d'une formidable vitalité est aussi un plaidoyer contre l'injustice sociale, l'asservissement des faibles par les nantis. Il se révèle alors d'une troublante actualité.
Ma lecture Elu "Coup de coeur" de mes bibliothécaires, ce livre fut une heureuse surprise et offre un total dépaysement temporel. J'ai plongé avec ravissement dans la Hollande du XVII°siècle.
Les personnages sont authentiques, attachants autant que détestables.
J'ai beaucoup aimé le style d'Olivier Bleys, auteur que je découvre.

Présentation de l'éditeur
Lorsqu'en 1847 George Sand, qui a déjà fait paraître ses plus grands romans, entreprend à quarante-trois ans son Histoire de ma vie, elle définit ainsi son futur livre°: "°C'est une série de souvenirs, de professions de foi et de méditations dans un cadre dont les détails auront quelque poésie et beaucoup de simplicité. Ce ne sera pourtant pas toute ma vie que je révélerai.°" Son modèle n'est pas Rousseau, ni d'ailleurs les Mémoires d'outre-tombe qui vont commencer à être publiés et où elle voit trop de pose et de drapé. Son ambition n'est pas d'inscrire sa vie dans le mouvement de l'Histoire, mais d'offrir le récit d'une existence de femme et d'écrivain qui côtoie rapidement Balzac et Sainte-Beuve, l'abbé de Lamennais et le socialiste Pierre Leroux - et bien sûr Musset et Chopin. Le lecteur trouvera ici le tiers, environ, de cette œuvre immense dont les vingt volumes commencent à paraître en 1854 et qui occupe une place essentielle dans l'histoire de l'autobiographie. Car si d'autres femmes, avant Sand, ont écrit des mémoires, la singularité de son Histoire de ma vie est qu'on y découvre pour la première fois le récit de formation d'une jeune fille qui a voulu être artiste - mais un récit sans égotisme parce que au miroir de sa propre existence elle désire que se retrouvent tous les autres enfants du siècle : "° Écoutez°; ma vie, c'est la vôtre.°
Ma lecture.  Cette autobiographie m'a semblé fort intéressante dans la mesure où elle explique et recadre aussi certains romans dans une période de la vie de l'auteure. Sand ne s'attarde pas sur les détails de sa vie intime (amoureuse) qui pourraient pourtant expliquer aussi son oeuvre.
Toutefois, de son passage au couvent jusqu'à la relation très passionnelle avec sa mère, ce texte donne accès à une autre facette de l'écrivain. Quoique je lise à présent, je l'envisage d'une manière plus sensible parce que je me sens plus proche d'elle.
Sand m'intrigue (et me plait) plus encore et cette autobiographie m'a donné envie de relire certains romans d'elle.

Présentation de l'éditeur
Elles se rencontrent au coeur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.
Ma lecture.  Déception. Grosse déception. L'ambitieuse quatrième de couverture n'a pas tenu ses promesses, à mon goût. Je n'ai pas compris les personnages, en particulier Genna, qui m'a semblé être une caricature d'elle-même. Qu'elle soit noire ou blanche, peu importe, quiconque la rencontrerait, dans un univers aussi hostile que peut l'être celui d'un internat pour jeunes femmes favorisées, la prendrait en grippe. Quiconque sauf à Minette, animée par un manque de confiance en elle et un Oedipe non résolu, elle s'entiche de cette voisine de chambre déplaisante et indifférente, à la manière d'une victime et de son bourreau.
Non, je suis passée "à côté" du roman de Oates, ne trouvant pas les personnages très crédibles, peu ancrés dans cette Amérique des années 70, mais plutôt emprisonnés dans leur microcosme que je ne parvenais pas non plus à me représenter...


Présentation de l'éditeur
Pearlie pense vivre un bonheur paisible. En 1949, à San Francisco, elle a retrouvé et épousé Holland Cook, son amour d'adolescence. Holland a survécu à la guerre et refuse d'en parler. Une chose est certaine: il n'est plus le même... Le passé ressurgit le jour où un homme d'affaires, Charles Drumer, s'immisce dans la vie du couple et propose à Pearlie un étrange marché.
Ma lecture.  Agréable.
Pas un roman dont je me souviendrai longtemps mais un moment plaisant sur les secrets, sur le fait qu'on ne connait jamais l'autre.
Un livre également sur la valeur du dialogue.
Ce livre évoque aussi l'Amérique animée par les tensions raciales, le vécu douloureux du retour du Vietnam, les séquelles laissées par la guerre.
J'ai beaucoup aimé la manière dont se noue l'intrigue, le personnage de Pearlie étant particulièrement bien construit.
Ce roman est prêt à voyager, si vous le désirez...



Deux de ces lectures étaient pour George


Clic chez George
Clic chez George


mercredi 14 juillet 2010

Lire et encore lire


Quatrième de couverture
Un visage avenant, un esprit brillant : Colin Ash, vingt-sept ans, recueille tous les suffrages au sein de la haute bourgeoisie de Boston. Or, chacun ignore qu'il note le détail de ses forfaits dans un registre bleu. Dorothea Deverell, la veuve dont Colin s'est épris, découvrira que, derrière son sourire d'ange, se cache un être inquiétant...

J'avais bien envisagé de lire ce livre comme un roman de vacances. J'ai bien pressenti.
Ce thriller se lit vite,facilement et n'a rien de passionnant. La qualité de l'intrigue est moyenne, les personnages fades et stéréotypés, les sentiments "faciles".
Bref, du petit Oates, moi qui aime pourtant tant cette auteure...
Une littérature de plage que l'on quitte sans regret.
Voilà une nouvelle contribution au challenge Oates






Quatrième de couv'
Venise, 1882. La belle et impétueuse Lou Salomé somme le Dr Breuer de rencontrer Friedrich Nietzsche. Encore inconnu du grand public, le philosophe traverse une crise profonde due à ses relations orageuses avec Lou Salomé et à l'échec de leur ménage à trois avec Paul Rée. Friedrich Nietzsche ou le désespoir d'un philosophe. Le Dr Breuer, l'un des fondateurs de la psychanalyse. Un pacte secret, orchestré par Lou Salomé, sous le regard du jeune Sigmund Freud. Tout est là pour une magistrale partie d'échecs entre un patient extraordinaire et son talentueux médecin. Mais qui est le maître ? Qui est l'élève ? Qui soigne qui ? Et c'est à une nouvelle naissance de la psychanalyse, intense, drôle et machiavélique, que nous convie Irvin Yalom.

J'avais déjà lu Mensonges sur le divan  du même auteur que j'avais beaucoup apprécié, et je n'ai pas été déçue par cette seconde découverte.
Une approche de la psychanalyse à sa naissance avec deux personnages riches, une intrigue toute en finesse psychologique qui pose le problème du dialogue, des manipulations, de l'altruisme, du carriérisme.
Beaucoup de thèmes qui ne m'ont pas laissés indifférente, un livre qui permet de cogiter même une fois l'oeuvre achevée.
Un auteur et un roman à découvrir...



Quatrième de couverture 
La famille Lucas vit dans le nord du Wisconsin, belle terre oubliée peuplée d'ouvriers européens immigrés et d'Indiens Ojibwés. John, violent et alcoolique, passe son temps dans les bars, quand il ne s'acharne pas sur sa femme et ses enfants. L'aîné, James, lassé des frasques paternelles, s'engage pour le Vietnam. Il ne reviendra pas, laissant son jeune frère Bill à ce sombre quotidien. Seuls les Morriseau veillent de loin et le soutiennent pendant le périlleux passage de l'enfance à l'âge d'homme. Mais au cœur de cette nature immuable et splendide qui panse les blessures et apaise les peurs, ce qui reste d'amour donne doucement la force de survivre.

Plébiscité lors du précédent Prix littéraire des blogueurs, c'est un roman qui se lit bien, et vite: les personnages sont attachants, l'histoire prenante mais j'ai trouvé ce monde un peu trop manichéen. Les gentils/les méchants. Il y a un côté "happy end" qui m'a agacée.
Wisconsin est un chouette bouquin, vraiment, mais c'est loin d'être un chef d'oeuvre.




Quatrième de couverture 
Au cours de l'été 1860, un fait divers atroce bouleverse l'Angleterre, déclenchant à travers tout le pays une hystérie médiatique sans précédent. Qui a tué le jeune Saville Kent, trois ans, dernier-né d'une famille de respectables bourgeois de la campagne anglaise ? Parmi les membres de la famille, chacun semble coupable car chacun a quelque chose à cacher. Immédiatement, les journaux s'emparent de l'affaire, et l'enquête, menée par Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, dévoile à tout le pays l'intimité d'une famille au-dessus de tous soupçons. Récit d'un scandale, acte de naissance du pouvoir de la presse, mais aussi du roman policier anglais, L'Affaire de Road Hill House est avant tout une histoire aussi vraie que captivante...

A deux reprises j'ai tenté de poursuivre ma lecture mais en vain. J'ai capitulé avant la centième page.
Pourtant bon public des polars, j'ai vraiment saturé rapidement à cause des précisions, des descriptions, des digressions pour replacer le contexte, l'époque, le cadre.

J'ai tenté de lire ce roman dans le cadre du Prix littéraire des Blogueurs Mare au diable.

mardi 4 mai 2010

La fille tatouée


Quatrième de couverture

Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d'une mystérieuse maladie, d'engager une assistante. Lorsqu'il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d'intrigants tatouages, Seigl ne peut résister à l'envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui, Alma Busch n'est pas la créature vulnérable qu'il croit... La Fille tatouée est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l'Amérique : l'élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système, analphabètes, sans ressources ni perspectives. Variation magistrale sur le thème du maître et du serviteur, ce roman est sans doute le plus controversé de Joyce Carol Oates.

Ma lecture

Vous savez comme j'aime les romans de Oates et comme je les trouve tout aussi dérangeants; Celui-ci pourtant ne m'a pas fait le même effet que les précédents, je le trouve davantage romanesque (mais ne serait-ce pas une manière de me protéger contre la puissance émotionnelle de ses mots?)

Bien sur il y a des passages que j'ai presque lu les yeux fermés tellement je les ai trouvés trashs et inimaginables.

La quatrième de couverture ne reflète pas vraiment mon impression de lectrice: j'ai lu le roman d'une jeune femme en quête d'amour, perturbée à l'excès dans les sentiments qu'elle éprouve et l'amour qu'elle rêve de provoquer. Amour/ haine/reconnaissance s'entremêlent.

C'est un conte de fées loupé, avec de mauvais personnages, des motivations perturbées, des conditions sociales opposées, des corps abimés. Voué d'emblée à l'échec.

La folie rôde autour de tous les personnages, la schizophrénie effleure sans cesse Josh et sa soeur, Alma. Seul Dmitri est entier, horriblement entier dans sa haine et sa perversité.

Oui, il est question d'antisémitisme, du rapport dominant/dominé (qu'il s'agisse de classe sociale ou de culture), de sensualité et sexualité animale mais je n'y trouve pas matière à controverse.


C'est un roman à découvrir pour ceux qui n'ont jamais lu J. C. OATES.

mercredi 3 mars 2010

Challenge J.C.Oates, Blonde.



Quatrième de couverture

Il y a l’icône. Et il y a la femme, l’habitante esseulée du 12305, Fifth Elena Drive. Pour Norma Jean, par fascination pour la fille derrière l’actrice Monroe, Joyce Carol Oates a écrit un pavé de mille pages. Lourd, puissant et guerrier. Peu importe finalement que ça ressemble ou non à la «vraie vie». D’ailleurs, que peut-on en savoir, d’une vie, si on n’a pas approché le sujet ? La romancière américaine a le cerveau bien trop plein d’étincelles pour se soucier de tels détails. «70% du livre est imaginé» précise-t-elle dans tous les journaux de la planète. Si elle n’a interviewé personne, l’affabulatrice a choisi son camp. Une fois de plus, dans son trente-neuvième ouvrage, elle écrit contre ceux qui instrumentalisent les femmes. A la lire, on croit volontiers à la thèse de la beauté devenue jouet des hommes, de l’actrice née, bousillée par l’ultra-libéralisme des studios anthropophages, dévoreurs de jeunesse et avaleurs de corps. Ce qui détonne, c’est que Joyce Carol Oates écrit comme Marylin apparaît : c’est évident, hypnotique, ensorcelant. Sa forme textuelle, c’est la rage. Tout est vraisemblable et mensonger, comme une intense séance de voyance, un travail de sorcière buveuse de faux souvenirs, une analyse post-mortem. C’est Flaubert à Los Angeles, les néons remplacent la Normandie. Mais la lumière crue des réverbères montre que les âmes américaines sont un peu sales et pas seulement au temps du maccarthysme. Il fallait une féministe de 62 ans pour le crier si fort.



Ma lecture.

Quel livre.
Encore une fois, je me suis sentie totalement happée par cet ouvrage de J.C.Oates.
Je n'avais quasiment rien lu sur MM et ne connaissais pas vraiment sa vie, ou si, les grandes scènes "Happy birthday Mister Président", quelques films et quelques clichés mondialement célèbres.

L'angle choisi par Oates est celui du roman. Des grandes lignes vraies que chacun reconnaitra comme faisant partie de l'histoire populaire de Marylin, et de longues pauses d'introspection pour mieux comprendre l'actrice.
Oates choisit le récit d'une vie pour fil conducteur la folie : la mère déséquilibrée qui l'a élevée en partie, l'instabilité d'un orphelinat, et la propre folie de Marylin qui s'installe progressivement dans le récit jusqu'à ce que nous-mêmes lecteurs, ne sachions plus déceler le vécu de l'imaginaire.

Au fil des pages, l'angoisse monte, la lecture devient oppressante, tout comme Marylin vit ses dernières années. 
Une petite fille dans un sublime corps de femme : des relations homme/femme ravageuses, destructrices et auto-destructrices. Un besoin d'amour déchirant. Une intelligence masquée derrière une perruque démesurément blonde et un corps excessivement sexué.

Cet ouvrage, très volumineux se dévore. Avec précaution car, comme avec tous les ouvrages de Oates que je lis, je n'en ressors pas indemne.
Il parle à une part de ma féminité sensible, fragile.
Si je devais me prescrire Oates (que j'adore vraiment) ce serait seulement en cas de moral élevé, au risque de totalement se faire dévorer par le destin tragique qui guette chacun de ses héroïnes...

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge Oates, chez George.